Tais-toi et trame !
Samedi 16 décembre, 17 heures.
Vision dantesque, boulevard des Maréchaux, cet après-midi : sous un ciel bas et lourd et sa pluie obstinée, une cohorte de policiers secoue le badaud d’un concert de sifflets stridents. Les bras bleus moulinent pour accélérer l’entrée des « ouatures » (pouah !) qui risqueraient de gâcher la fête en bouchonnant porte d’Italie.
IL est là (nous disent les affiches car après neuf minutes d’attente on ne le voit toujours pas). Qui ? Le premier ministre chinois ? Un fourgon cellulaire abritant l’ennemi public n°1 ? Madonna ? Non, c’est LE Tram… ce grondement sourd n’est pas l’orage qui approche puisqu’il vibre sous nos pieds. Sous les abris inutilement translucides (est-ce pour laisser passer l'opacité de la politique de la ville ?) les danseurs subventionnés sous la « bonne étoile » de la Région se trémoussent tentant en vain de fabriquer de la fraternité.
Et il arrive enfin.
Dès lors, c’est eux ou lui.
Si les véhicules venant du no man’s land, de l’en decà du périphérique avait le malheur de s’immobiliser la « muraille métallique », la ligne Maginot mobile qui protégera bientôt toute la ville contre « les envahisseurs » ne pourrait serpenter à sa guise, narguer impunément les autres véhicules immobilisés à sa droite, à sa gauche. Comme dit plaisamment Christiane Chavanne sur le blog Alternative libérale12e(http://alternativeliberale12e.over-blog.org/ )« La muraille métallique qui va enfermer Paris à terme, lorsque le tram sera prolongé, avec un tram toutes les 4 minutes, risque de devenir rapidement infranchissable, que ce soit à pied, en métro ou en vélo. Voudrait-on assiéger Paris qu'on ne s'y prendrait pas autrement. »
- Dis papa, c'est encore loin le 15e
Je monte avec mon fils Porte d’Italie me frayant un passage dans une marée humaine sur fond de design aussi criard que les sifflets de la maréchaussée étaient stridents qui nous donne soudain la nostalgie du métro aux heures de pointe.
Le fiston, 7 ans, est d’un naturel curieux et patient. Il est prêt, contrairement à sa forte tête de papa, à beaucoup pardonner à la puissance publique. Il pose des questions sur les détails techniques, s’émerveille de la vue que nous avons à l’approche de la Cité universitaire. Il a raison. Mais après vingt minutes de ce régime à 2 à l’heure et une carcasse toujours plus comprimée, nous craquons.
Le fiston, 7 ans, est d’un naturel curieux et patient. Il est prêt, contrairement à sa forte tête de papa, à beaucoup pardonner à la puissance publique. Il pose des questions sur les détails techniques, s’émerveille de la vue que nous avons à l’approche de la Cité universitaire. Il a raison. Mais après vingt minutes de ce régime à 2 à l’heure et une carcasse toujours plus comprimée, nous craquons.
A ceux qui l'auraient oublié, cette variante (à peine subliminale) de l'étoile rouge du logo de la
Au loin l’inscription « porte de Vanves » sur le bon vieux fer forgé art nouveau de Guimard. Nous retrouvons une boussole. Enfin, nous fendons, le plus sobrement possible, la foule sans visage, qui veut absolument monter sans laisser descendre de crainte d’avoir à attendre le prochain (et les danseurs de hip hop subventionnés, que plus rien n’étonne, continuent à se trémousser sur le quai).
Nous nous engouffrons dans l’accueillante station Porte de Vanves pour goûter à nouveau aux joies du métropolitain.
Après avoir été expulsé jadis pour de bonnes raisons (les besoins de la circulation automobile), comment ce monstre coûteux et encombrant a-t-il pu revenir à Paris ? L’histoire est aussi longue et complexe que celle du collectivisme municipal : 30 ans de délibérations piétinées qui plaidaient pour la rénovation de la petite ceinture mais la place et le souffle me manquant, je vous renvoie aux « dossiers noirs du T3 » constitués par les associations Orbital et Rocade de Paris disponible sur le site du perroquet libéré à l’adresse suivante :
Nous nous engouffrons dans l’accueillante station Porte de Vanves pour goûter à nouveau aux joies du métropolitain.
Après avoir été expulsé jadis pour de bonnes raisons (les besoins de la circulation automobile), comment ce monstre coûteux et encombrant a-t-il pu revenir à Paris ? L’histoire est aussi longue et complexe que celle du collectivisme municipal : 30 ans de délibérations piétinées qui plaidaient pour la rénovation de la petite ceinture mais la place et le souffle me manquant, je vous renvoie aux « dossiers noirs du T3 » constitués par les associations Orbital et Rocade de Paris disponible sur le site du perroquet libéré à l’adresse suivante :
Ce cliché pris lundi 18 décembre à 14h30 donne un avant-goût du refroidissement qui guette les organismes fragiles 
Michel Leter
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